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chroniqueuse, Paris
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Théâtre de Belleville (Paris)
Oisifs, fainéants, contemplatifs, rêveurs, flâneurs de tous les pays unissons-nous afin d’échapper à un travail qui nous anéantit ! Écoutons la bonne parole par la voix de Dominique Rongvaux. Ce dernier s’appuie sur les théories du grand philosophe et mathématicien anglais du XXe siècle Bertrand Russell qui prouve avec une logique implacable que, si le travail était mieux réparti, il n’y aurait plus de chômage et chacun pourrait ne travailler que 4 heures par jour. Belle révélation… En même temps l’idée que « les pauvres puissent avoir des loisirs a toujours choqué les riches » autre paradoxe développé par Russell !
Dominique Rongvaux qui, après des études d’ingénieur commercial, est entré au conservatoire de Mons pour devenir ce « fringant » comédien, vif, à l’ Å“il pétillant et à la diction parfaite. Il nous fait un cours magistral sur l’oisiveté qu’il parsème d’anecdotes, fables et exemples d’une drôlerie raffinée. Il est sympathique et très à l’aise sur scène ce qui finit par nous convaincre totalement sur le fait qu’être paresseux n’est plus un vice mais une vertu… La mise en scène alerte de Véronique Dumont s’accorde parfaitement avec la personnalité de son interprète et sait mettre les textes en valeur.
Après la brillante démonstration de Dominique Rongvaux, on sort du théâtre paresseux et fier de l’être. Ça décomplexe… Idée à répandre au plus vite autour de vous !
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Manuel Pratt "Le meilleur du pire 2"
Théâtre Le Funambule de Montmartre (Paris)
Après un premier retour en 2010 sur Paris, bien accueilli par la critique, Manuel Pratt récidive dans le même théâtre "le Funambule Montmartre". Plus corrosif que jamais, son seul en scène, cette fois, est un cocktail audacieux de sketches et de stand-up. Il s’attaque avec délectation à tout ce qu’il n’est pas bon de toucher : les handicapés, les vieux, les enfants et la politique bien sûr. Sans limite, il ne respecte rien ni personne. Même lui se passe à la moulinette !
Les idées et les paroles s’enchaînent à la vitesse "grand V". Du port de la burqa aux courses dans un magasin bio, du camp de naturistes aux fantasmes masculins. Il surfe sur toutes les absurdités de notre monde d’aujourd’hui. C’est cruel mais tellement vrai. C’est pathétique mais tellement drôle.
Son sujet de prédilection : les religions. Elles en prennent toutes pour leur grade. Le clou du spectacle est, sans conteste, la rencontre de deux jeunes catholiques à la dernière JMJ. Plus vrai que nature, on bascule dans un univers qui fait, un peu, froid dans le dos…
"Le silence des pantoufles est aussi terrible que le bruit des bottes" est le leitmotiv de son spectacle, vif, rapide comme l’éclair. Pratt laisse à peine le temps au public de rire. Son final nous explose aux oreilles comme les mines antipersonnel dont la France peut s’enorgueillir.
Pour ceux qui seraient choqués par tant de noirceur, je leur rappelle, à toutes fins utiles, que "la petite maison dans la prairie", "les bisounours" et "bonne nuit les petits" n’existent pas ! Le vrai monde est celui décrit par Manuel Pratt et qu’il est urgent de ne pas se voiler la face si nous voulons l’améliorer.
chroniqueuse, Paris
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Théâtre du Ranelagh (Paris)
Ma chronique sera, sans doute, plus courte qu’à l’accoutumée car je ne peux résumer le spectacle. Moins vous en saurez, plus vous l’apprécierez. Je conseille, d’ailleurs, à ceux qui le verront d’en faire autant, afin de ne pas émousser le plaisir de chacun et d’exciter la curiosité des futurs spectateurs. Nous allons simplement dire, pour amorcer l’affaire, qu’un conférencier (Jacques Mougenot) va nous évoquer la dernière Å“uvre de Philippe Dussaert (1947-1989) lors d’une vente publique. Mais attention, pour apprécier le récit, il est primordial de dire qu’on n’est pas obligé d’aimer l’art contemporain !...
Jacques Mougenot, bel homme, au costume impeccable, parle bien. Comme tout véritable intellectuel, il est drôle et toujours prêt à vous narrer l’anecdote amusante qui retiendra l’attention de l’auditoire. S’aidant de livres, d’archives et de témoignages écrits, il nous entraîne dans la folle aventure d’une chronique pleine de rebondissements, sorte d’énigme à découvrir. Sa conférence, bien préparée, se révèle passionnante et riche en références.
Plus on avance et plus l’histoire devient subtile et détaillée. Le comédien et auteur du texte est sobre, parfait, irréprochable. Il maîtrise parfaitement son personnage et on y croit à fond. Nous sommes suspendus à ses lèvres et la chute, géniale, nous laisse pantois et heureux, stupide et émerveillé !
Spectacle intelligent, finement drôle, original comme jamais, super bien foutu et jubilatoire à conseiller d’urgence à toute personne intelligente, fine, drôle et originale !
J’irai même jusqu’à conseiller de revenir une seconde fois pour analyser les mystérieux rouages de l’écriture et la prosodie de l’interprète…
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Petit théâtre de Paris (Paris)
Sally (Elodie Navarre) habite une petite bourgade anglaise gangrenée par le chômage. Elle vit dans un taudis laissé par sa mère qui s’est suicidée quelques années auparavant. Sans emploi, ses fins de mois sont très difficiles d’autant plus qu’elle veut garder auprès d’elle sa petite sÅ“ur Jill (Léopoldine Serre), autiste. Elle partage donc son loyer avec sa meilleure copine Ruby (Constance Dollé) qui subsiste grâce à des conversations style téléphone rose...
Les services sociaux aimeraient soustraire Jill à cette vie misérable et la placer dans un centre. C’est alors que Sally va trouver un moyen de se procurer de l’argent d’une manière on ne peut plus étonnante. Mais ne dévoilons pas, plus avant, l’intrigue.
Cette comédie dramatique lorgne du côté des films sociaux de Ken Loach. Le thème pourrait être plombant mais il n’en est rien. Les filles, mal embouchées, mal fagotées sont combatives, pleine d’espoir et d’humanité. On sourit souvent, on rit parfois. Touchantes jusqu’à l’émotion, le mot solidarité reprend ici son vrai sens. Tout le monde aide, y met du sien, même ce grand benêt de Gaven (Vincent Deniard) amoureux d’enfance de Sally.
La mise en scène de Stéphane Hillel fait la part belle à ses comédiennes. Les messieurs sont malheureusement un peu en retrait. Même si l’ensemble est légèrement caricatural (grande gueule, grand cÅ“ur, suicide, autisme, chômage …) les comédiens font passer la pilule intelligemment. Rarement ce genre de sujet, d’une actualité de plus en plus brûlante, est représenté au théâtre. Mise en scène méticuleuse, décors adéquats, costumes ringards, comédiens très impliqués, tout est parfaitement cohérent. Ce spectacle mérite son succès.
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QUEENIE : Je trouve que cette pièce est une des meilleures de la saison et j'ai cru qu'elle avait été écrite par un auteur Anglais car c'est un pays que je connais bien. Je l'ai recommandé à beaucoup de personnes.
il y a 25 jours
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nostradamus : Ce spectacle est en effet d'une grande cohérence et de très bonne facture. Je rejoins les propos de Jeanne-Marie en tous points et n'ai donc pas grand' chose à ajouter. Je tiens tout de même à signaler le décor magnifique. Par ailleurs, effectivement l'écriture frôle parfois d'un peu trop près la caricature des pauvres au grand coeur, mais elle a le mérite d'aborder de façon nouvelle un sujet de société complètement absent des scènes en général. Là aussi, difficile d'en dire plus ...
il y a 3 mois
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chroniqueuse, Paris
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Le bonheur est à l’intérieur de l’extérieur de l’extérieur de l’intérieur, ou l’inverse
La Manufacture des Abbesses (Paris)
Après les succès « si j’étais un arbre », « le cÅ“ur sur la main » et « le secret du temps plié » qu’il a baladé de nombreuses années entre Paris et Avignon, Gauthier Fourcade revient avec ce tout nouveau spectacle.
L’auteur veut faire un spectacle sur le bonheur mais ne trouve pas le début, le milieu et la chute. Il croit donc être arrivé au bout de son imaginaire et décide de se noyer dans son texte et même se perdre à l’intérieur de son réfrigérateur. Il se retrouve finalement en dehors de l’univers ? Dit ainsi çà peut paraître compliqué mais expliqué par Gauthier Fourcade, tout devient limpide et évident.
On retrouve bien la patte de l’auteur : jeux de mots poétiques dont lui seul a le secret, douceur des propos, originalité de l’histoire, mélancolie, absurdité logique. Tous les ingrédients sont au rendez-vous et les aficionados de Gauthier Fourcade sortent de la salle satisfaits, avec comme d’habitude des étoiles dans les yeux.
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Théâtre de Belleville (Paris)
Oisifs, fainéants, contemplatifs, rêveurs, flâneurs de tous les pays unissons-nous afin d’échapper à un travail qui nous anéantit ! Ecoutons la bonne parole par la voix de Dominique Rongvaux. Ce dernier s’appuie sur les théories du grand philosophe et mathématicien anglais du XXe siècle Bertrand Russell qui prouve avec une logique implacable que, si le travail était mieux réparti, il n’y aurait plus de chômage et chacun pourrait ne travailler que 4 heures par jour. Belle révélation… En même temps l’idée que « les pauvres puissent avoir des loisirs a toujours choqué les riches » autre paradoxe développé par Russell !
Dominique Rongvaux qui, après des études d’ingénieur commercial, est entré au conservatoire de Mons pour devenir ce « fringant » comédien, vif, à l’ Å“il pétillant et à la diction parfaite. Il nous fait un cours magistral sur l’oisiveté qu’il parsème d’anecdotes, fables et exemples d’une drôlerie raffinée. Il est sympathique et très à l’aise sur scène ce qui finit par nous convaincre totalement sur le fait qu’être paresseux n’est plus un vice mais une vertu… La mise en scène alerte de Véronique Dumont s’accorde parfaitement avec la personnalité de son interprète et sait mettre les textes en valeur.
Après la brillante démonstration de Dominique Rongvaux, on sort du théâtre paresseux et fier de l’être. Ca décomplexe… Idée à répandre au plus vite autour de vous !
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La maîtresse en maillot de bain
Théâtre Michel (Paris)
« Haut les mains
Peau d’lapin
Haut les pieds
Peau d’gibier
La maîtresse en maillot d’bain ! »
Telle est la comptine scandée depuis toujours dans les cours de récréation des écoles maternelles. Et c’est bien d’école maternelle dont il est question dans ce spectacle, mais plutôt du côté de la salle des instituteurs. S’y retrouvent donc quotidiennement Myriam (Ludivine de Chastenet) la directrice, sèche et autoritaire, Rémi (Christophe Corsand) atteint d’un léger syndrome de Peter Pan, toujours enrhumé et Nicolas (Fabrice Feltzinger), divorcé, dragueur et sûr de lui. Les relations un peu tendues vont exploser avec l’arrivée de Béatrice (Pauline Guimard) psy formatée à souhait débitant les phrases toutes faites, envoyée par le ministère et chargée de faire le point sur le stress dans le corps enseignant.
Les répliques font mouche et les comédiens défendent leur rôle avec talent. Chacun finit par dévoiler ses fêlures et permet de donner du relief aux situations et de faire évoluer l’interprétation. On finit par se prendre d’empathie pour eux. La mise en scène est vive, bien en situation et sans temps mort.
Cette comédie alerte est un très agréable moment de détente et de rire.
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Thé à la menthe ou t’es citron ?
Théâtre Fontaine (Paris)
Pour qui connaît "L’impromptu de Versailles" de Molière, "En sourdine les sardines" de Michael Frayne rendu célèbre par l’équipe des Branquignols ou plus récemment "Le jour de l’italienne" de la compagnie Eulalie, il sera inutile d’approfondir le thème de "Thé à la menthe ou t’es citron ?" Disons seulement qu’il s’agit, comme dans les pièces précédemment citées, d’assister aux répétitions d’un spectacle puis à la "première" publique. Dans une approche sérieuse nous pourrions parler du théâtre dans le théâtre, thème cher à nos intellectuels et autres spécialistes du sixième art dits "arts vivants". Ici, rien de tout cela, nous sommes dans une farce des plus loufoques.
Cette pièce a été écrite en 1990 par Danielle Navarro-Haudecoeur et Patrick Haudecoeur alors qu’ils n’étaient à l’époque qu’amateurs. Elle remporta un tel succès qu’on leur proposa une représentation exceptionnelle en 1991 au Café de la Gare. Triomphe. Le théâtre des Variétés la programma aussitôt. Nouveau triomphe. La voici qui revient et qui fait salle comble depuis janvier 2010 !
Comme tout bon vaudeville, il y a la femme, le mari et l’amant, le placard, les qui propos et rebondissements. A quelques jours de la première représentation personne n’est prêt. Tout foire lamentablement et la troupe doit, en plus, supporter dans le rôle principal le fils du producteur (Patrick Haudecoeur), parfait ahuri, maladroit et gaffeur.
Les trous de mémoire se succèdent, les décors s’écroulent, les costumes se déchirent, les emplacements et répliques s’embrouillent. C’est calamiteux et pitoyable. Paradoxe inouï : plus la troupe s’effondre lamentablement, plus la salle est hilare !
Mention spéciale à Patrick Haudecoeur digne fils spirituel de Jean Le Poulain aux mimiques clownesques désopilantes à qui l’on doit déjà les excellents "frou-frou les bains" et "la valse des pingouins" et à Jean-Luc Porraz en ringard et cabot de première qui en fait des tonnes pour notre plus grand plaisir.
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Palais des glaces (Paris)
"Crise de foi" aurait pu s’intitulé "criseS de foi" car Sophia Aram s’attaque avec humour dans son deuxième one woman show aux trois religions monothéistes. Drôle sans jamais être vulgaire, elle se pose des tas de questions sur les préceptes de la chrétienté, du judaïsme et de l’islam. Une chose est sûre : partout Dieu est le chef de l’homme et l’homme le chef de la femme. Ca commence fort et çà permet de se rendre compte qu’immédiatement Sophia Aram va avoir des doutes et de sérieuses revendications. Elle essaie malgré tout de concilier les trois religions mais ce n’est pas une mince affaire. Mille questions l’assaillent aussi importantes que Jésus est-il mort du tétanos ? Peut-on embrasser son mari s’il a mangé du saucisson ? Ou encore, Moïse avait-il inventé le premier IPAD ?
Le public rit de bon cœur car il n’y a rien de malsain dans son discours mais simplement un humour parfois un peu corrosif. Il ne faut pas se fier à sa petite silhouette gracile car elle a un aplomb déconcertant. De la même trempe et de la même génération que ses copines Florence Foresti ou Julie Ferrier elle est très à l’aise sur scène, vive et drôle. Gracieuse et qui plus est, ce qui ne gâte rien, mignonne à croquer Sophia Aram nous embarque avec délice dans ses délires et le spectacle nous semble trop court.
chroniqueuse, Paris
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Le Splendid (Paris)
Nous sommes en 1534, Charles Quint est à la tête du puissant empire germanique et menace le royaume de France. François 1er, se sentant trop faible, veut faire alliance avec Soliman le Magnifique pour contrer l’envahisseur. Il envoie donc en secret un missionnaire à Constantinople afin de faire signer le traité au sultan.
Les coscénaristes Sébastien Azzopardi et Sacha Danino partis de ce fait historique, se sont ensuite embarqués dans un délire éminemment imaginaire. Le missionnaire, Florimont, chevalier de la Courneuve, est en fait un petit prof de banlieue, sans éclat, pépère, gaffeur et maladroit. François 1er l’a choisi tout simplement parce qu’il n’a pas mieux sous la main. Florimont ne veut pas y aller et le roi va jusqu’à menacer de tuer toute sa famille s’il refuse d’accomplir sa mission.
Contraint, voilà donc notre loser qui part mollement sur les routes de France et de Navarre sur son cheval en polystyrène, accompagné d’une espionne du Vatican (très bonne chanteuse) et deux autres complices doublant, triplant , voire quadruplant les différents personnages.
Au milieu de décors en carton et d’épées en plastique, le texte est truffé de contrepèteries et d’anachronismes délirants, les gages pleuvent en cascades et les situations ubuesques et hilarantes se bousculent. L’excellente jeune troupe s’en donne à cœur joie et le public en redemande. C’est potache à souhait, burlesque, loufoque et rapide comme du Tex Avery.
Ce petit bijou de drôlerie dans la pure tradition des Monty Python, mis en scène par Sébastien Azzopardi et Romain Canard, est passé du théâtre Tristan Bernard au théâtre Michel et se joue depuis plus d’un an. Aujourd’hui c’est le Splendid qui affiche complet. Nominé meilleure pièce comique aux Molière 2010, les représentations devraient s’achever le 31 décembre 2011, mais quand on sait que les auteurs sont les mêmes que ’le tour du monde en 80 jours’, on peut espérer retrouver cet accablant Florimont et ses joyeux drilles en 2012.
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missmarinette : J'ai vu, j'ai adoré et j'ai vraiment beaucoup ri !
il y a 2 ans
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chroniqueuse, Paris
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Vincent Rocca - "Vite, rien ne presse"
Le Lucernaire (Paris)
Vincent Rocca est de retour dans son nouveau spectacle intitulé "vite, rien ne presse" où il nous parle du temps qui passe, qui s’étire ou se rétrécit, de la peur de la vieillesse et de la mort, du présent, du passé, du futur.
Bien sûr nous retrouvons le jongleur de mots, impénitent, l’acrobate d’idées qui retombe toujours sur ses pattes mais un chat souple et agile. Il pleut vraiment sur scène comme il pleut des jeux de mots de son esprit. Tout paraît limpide à l’écouter mais ce n’est pas si simple que çà , il en faut du talent pour suspendre le temps "et à la fois l’avaler cul siècle". . . Il en faut de l’habileté verbale pour nous parler de ce même temps "qui ne nous quitte pas d’une semaine"… Rocca est un Devos plus doux, plus rêveur, moins cartésien.
Il s’engage un peu plus qu’à l’accoutumée et nous donne un très beau sketche sur les sans-papiers. Cerise sur le gâteau, voilà qu’il se met à pousser des chansonnettes de son cru et çà coule très agréablement dans l’oreille du spectateur qui arrêterait bien le temps pour le plaisir de l’écouter pendant des heures car c’est vrai, rien ne presse !!!
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Ses autres conseils :
Warren Zavatta "Ce soir dans votre ville"
Théâtre Le Temple (Paris)
Prononcer le nom de Zavatta suffit à faire ressurgir nos souvenirs d’enfance : les grosses chaussures, la perruque qui tourne, les pantalons trop larges. Regardez l’affiche du spectacle de Warren Zavatta et nos souvenirs basculent : on y voit sur fond noir, un visage triste, avec un nez rouge de clown qui saigne.
Warren Zavatta va nous expliquer avec maints détails croustillants qu’être un "Zavatta" n’a pas été si porteur que çà : toujours sur les routes sans pouvoir faire d’études trop poussées, ne pas avoir le temps d’avoir des copines, de se faire des copains. On le met très jeune à toutes les disciplines du cirque : cracheur de feu, équilibriste, dompteur, magicien, trapéziste, lanceur de couteaux mais …c’est pas son truc puisqu’il veut être comédien
Alors cet homme orchestre doué exécute avec talent, devant nous, chacune de ces spécialités apprises de force. Il nous explique avec une drôlerie désopilante, l’ennui que ça lui a procuré mais aussi les plaisirs.
Facétieux, émouvant, cruel, il balance des vérités sur le monde particulier du cirque en finissant ses phrases par un : "moi, j’suis un romano, j’ai peur de rien ! ". C’est vrai, il a tout connu, tout observé avec lucidité. Il a été élevé vraiment à la dure. Il en est ressorti meurtri mais plus fort, plus équilibré et plus sain que quiconque. Aujourd’hui il est comédien, métier qu’on lui refusait adolescent. Il a bien fait de s’accrocher à son rêve car c’est vraiment sa voie qu’il suit aujourd’hui pour notre plus grand plaisir.
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nostradamus : J'ai vu ce spectacle hier soir : toute la salle riait aux éclats !
il y a 4 mois
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Comédie Bastille (Paris)
par Alain
Anthéa Sogno est à l’origine du projet de ce spectacle. Il a été conçu d’après la nombreuse correspondance (plus de 23 000 lettres) que Juliette Drouet et Victor Hugo se sont échangés durant les 50 années de leur relation amoureuse.
Nous n’assistons pas pour autant à une banale lecture. Bien au contraire. Le travail d’adaptation, le choix éclairé des lettres et surtout leur agencement sous forme de dialogues reconstitués produisent une authentique -uvre théâtrale.
Les deux comédiens (Sacha Petronijevic et Anthéa Sogno) interprètent avec fougue et sensibilité ces deux amants hors du commun. La flamme qui illumine le regard de Juliette tout au long de la représentation est un réel bonheur. Elle donne une belle intensité à son personnage, qui a voué toute sa vie à son amour.
Créée en 2008, la pièce n’a de cesse de partir en tournées et revient régulièrement à la Comédie Bastille tant le « bouche à oreille » marche bien. Les aficionados de Juliette et Hugo sont nombreux et très enthousiastes de voir et revoir ce petit bijou.
Quel magnifique spectacle !
chroniqueuse, Paris
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Café de la Gare (Paris)
1782 : l’anglais Phileas Fogg et son valet français Passepartout font le pari fou de réussir à faire le tour du monde en 80 jours.
Une folie encore plus grande était de restituer ce roman avec 5 comédiens (alors que le roman compte 39 personnages) qui traversent 3 océans, 4 continents sur la petite salle du Café de la gare et réduisent 80 jours en 1h30 !!!
Le pari est tenu et c’est le délire du début à la fin. Sur un rythme d’enfer sans faille avec mille idées à la seconde, notre joyeuse troupe passe d’une situation à l’autre avec une rapidité vertigineuse. Avec des moyens de bout de ficelle, une impertinence constante et une vraie bonne humeur ils nous entrainent dans la loufoquerie, le burlesque le plus débridé.